par UnMondeAutrement957

Sébastien Vidal est un romancier de polar fortement influencé par son cadre de vie, la Corrèze. Ce département a abrité et nourri son enfance. Il est revenu y vivre après sa carrière de gendarme, comme une évidence. Sanctuaire de nature préservée avec ses forêts, ses rivières et ses cascades, son paysage offre à l’écrivain matière à la hisser au rang de personnage principal dans ses romans.
Une enfance en littérature et en écriture
Sébastien Vidal est arrivé à l’écriture par la lecture. Issu d’une famille où les adultes lisent, il est en partie élevé par ses grands-parents dont la bibliothèque lui est accessible. Ils veulent d’ailleurs qu’il lise le plus tôt possible. Cela commence par les livres d’images – il garde un souvenir marquant d’une version illustrée de La Chèvre de Monsieur Seguin. Il lit des bandes-dessinées et les œuvres de la Comtesse de Ségur. Adolescent, il s’attaque à des livres qui demandent plus d’endurance, et découvre les œuvres de Claude Michelet : dans le roman Les grives aux loups qui se passe en Corrèze, Sébastien Vidal rencontre pour la première fois ses semblables dans un livre. « C’est un choc à une période où – dans les années 80 – le milieu rural est bien souvent ringardisé. » En vacances chez sa mère, il reçoit un deuxième choc avec Charlie, de Stephen King. La capacité de conteur de l’auteur américain le fascine, et depuis, il ne l’a jamais lâché. « On reconnaît son écriture dès les premières lignes, il est identifié stylistiquement. Il a influencé ma manière de raconter.»
À la fin de ses années collège, Sébastien fréquente le foyer où les livres sont en libre-service. Il n’est pas passionné par les études, mais il a néanmoins un intérêt pour le français, l’histoire, la géographie et le sport. Dans ce foyer, il découvre Hemingway, et surtout Terre des hommes de St Exupéry, et c’est un troisième choc. Il prend plaisir à écrire ses devoirs de rédaction, et pour une fois se retrouve sur le podium. « Je me disais, au moins, je vaux quelque chose. J’ai continué à écrire par la suite, et surtout, j’écrivais la fin des histoires qui ne me plaisait pas.»
À dix-huit ans, alors qu’il est en apprentissage en pâtisserie, il entreprend l’écriture de son premier roman, un western, mais il est confronté à des problèmes de documentation. Il se décourage : il n’a ni l’endurance ni les outils pour aller au bout de ce projet.

Le gendarme romancier
Puis vient le service militaire, et à l’issue, loin de la pâtisserie, c’est vers la gendarmerie que Sébastien Vidal entreprend finalement de conduire sa vie professionnelle. Il a dix-neuf ans lorsqu’il intègre La Maison bleue. « Le lien avec la population dans la cadre du service public, c’est cela qui m’a intéressé et qui m’a poussé à passer le concours. » L’écriture est présente au quotidien, épistolaire lorsqu’il est loin de sa future épouse, puis il tient un journal pendant la grossesse de celle-ci, et se régale. « L’écriture est un pays où je suis très heureux, » confie Sébastien, alors en 2008, il se penche de nouveau sur un projet de roman. Il y passe deux ans et demi, encouragé par son épouse et une amie lectrice de son travail. Le livre, un diptyque sur l’occupation et la résistance en Corrèze, trouve sa place en 2011 chez un éditeur de littérature régionale, les éditions de La Veytizou. Lancé, Sébastien Vidal met alors les deux pieds dans le roman policier. Les sentiments noirs, une trilogie, est publiée aux éditions Lucien Souny, entre 2017 et 2018. Deux ans plus tard, il rejoint les éditions Le Mot et le reste où paraît Ça restera comme une lumière. « J’ai envoyé mon manuscrit à plusieurs maisons, ce sont eux qui ont répondu les premiers. Ils ont une excellente réputation, ils sont professionnels et cela a changé beaucoup de choses pour moi. J’ai, pour la première fois, perçu un à valoir, le contrat proposé était très correct, et qui plus est, leur travail sur le texte est précis et m’a fait progresser. Je me suis retrouvé en librairie au niveau national, avec une réelle visibilité. »
Les rapports sont simples, la discussion est ouverte sur chaque point, une relation de confiance s’installe et Sébastien Vidal enchaîne avec un second ouvrage, Où reposent nos ombres. Le livre est primé au salon du Méli-Mélo de la Briance (87) et au festival de polar du Grand Cognac (16), et même si les prix n’ont pas de réel impact médiatique ni sur les ventes, ils lui donnent une légitimité.
Paraît ensuite De neige et de vent et les chose bougent beaucoup plus, il est lauréat du prix Landerneau Polar pour ce troisième ouvrage chez Le Mot et le reste : invitation à Paris, journalistes, mise en avant dans les Espaces culturels Leclerc, article dans Livre Hebdo, et Sébastien se retrouve dans la peau du lièvre pris dans les phares d’une voiture. Les éditions Pocket veulent acheter les droits des trois titres pour une édition en livres de poche, une maison de production est intéressée pour une adaptation audiovisuelle, Sébastien est invité sur des salons prestigieux, il multiplie les rencontres en librairie et en médiathèque – ce qu’il préfère, fait la connaissance de ses paires : il a changé de division. « J’ai alors réalisé que j’étais lu dans tout le pays, c’était émouvant et touchant. »
« L’écriture est quelque chose de physique. Je me nourris du quotidien et des interactions avec les gens, des œuvres, des émotions. »
Le processus de création
Les romans de Sébastien Vidal germent à partir d’une scène qu’il entrevoit. Ces visions arrivent le plus souvent quand il est « disponible », c’est-à-dire quand il marche, quand il court, quand il fait les choses à son rythme et que le fonctionnement du cerveau est différent. « Dans ces moments-là, la mémoire vive est libérée, je ne pense pas au roman, mais c’est là que je trouve des solutions à mes blocages. »
Les personnages, leur identité, l’environnement du récit se construisent peu à peu, dans une porosité avec la vie du quotidien. Il capture une phrase, une expression entendues, une attitude pour caractériser ses personnages. Quand il est prêt à se lancer dans l’écriture, il le sent. Puis il écrit, chaque jour.
Les films, la musique et la littérature nourrissent sa créativité. Sébastien Vidal sème au fil des pages des références musicales et des clins d’œil à des artistes qu’il apprécie comme Craig Johnson et James Lee Burke. Les chansons qu’il choisit caractérisent un moment de l’histoire, les paroles sont en lien avec ce qui s’y passe et sont une manière d’ancrer une scène dans le réel. « L’écriture est quelque chose de physique. Je me nourris du quotidien et des interactions avec les gens, des œuvres, des émotions. »
Une fois le roman terminé, s’en suit une période de deux mois pendant laquelle il met son manuscrit de côté et l’oublie. « Je reviens dessus après ce temps de repos pour corriger, enlever les belles phrases qui ne servent à rien. J’ai alors le recul nécessaire qui me permet d’être sans pitié avec moi-même. » Ce travail de réécriture effectué, il envoie le manuscrit à trois amis auteurs pour une lecture critique impartiale. De ces retours, il produit une nouvelle version qui sera envoyée à son éditeur. C’est alors l’étape du peaufinage avant publication.

La nature, un personnage à part entière dans Le Cycle des saisons
Dans les quatre ouvrages parus chez Le Mot et le reste qui constituent ce que Sébastien Vidal nomme Le Cycle des saisons, la nature tient le rôle principal. Elle comprend le vivant, le végétal, le minéral, le climat, mais elle représente avant tout un lien privilégié à l’enfance, période de la vie lors de laquelle Sébastien Vidal est persuadé que tout se joue. « J’envisage le monde de façon schématique : il y a ceux qui ont eu une enfance heureuse, qui la garde en eux le plus longtemps possible et se construisent avec ça, et il y a ceux qui ont manqué et qui vont courir après ce qu’ils n’ont pas eu pendant leur enfance. Nous sommes façonnés par les endroits où l’on vit. Cela joue sur notre humeur, nos décisions, la manière dont on affronte les évènements.»
La Corrèze, le lieu de son enfance, a imprégné et façonné Sébastien. Il l’a quitté à dix-neuf ans, mais revenait régulièrement et y vit aujourd’hui. « C’est un lieu fantasmagorique, magique, avec un fort potentiel romanesque, un département à plusieurs visages avec des saisons très marquées, une grande amplitude thermique, de l’eau, des rivières… Écrire la nature est mon ambition, nous venons de là, et c’est une manière pour moi de faire allégeance à cette maman. Dans mes livres, la nature est omniprésente parce qu’elle aussi vitale que le sang dans le corps humain. »
Sébastien Vidal travaille actuellement sur son prochain roman intitulé Toute la poussière ici-bas. Il sortira en janvier 2027 aux éditions Le Mot et le reste.
par Lucie Braud

BIBLIOGRAPHIE
Une saison de colère, éd. Le Mot et le reste, 2025 – Prix coup de Cœur du Festival des littératures Policières de Libourne 2025
De neige et de vent, éd. Le Mot et le reste, 2024 – Prix Landerneau Polar 2024, Prix Noir Dissay 2025, Prix Polar du salon de Prayssac (46) 2026
Où reposent nos ombres, éd. Le Mot et le reste, 2022 – Prix du Roman noir 2023 du Grand Cognac, Prix de la Briance 2023
Ça restera comme une lumière, éd. Le Mot et le reste, 2021
Les Sentiments noirs, trilogie, éd. Lucien Souny, 2019
EN SAVOIR PLUS
ALCA Nouvelle-Aquitaine
Le Mot et le Reste
par UnMondeAutrement957

L’intelligence artificielle n’existe pas.
Ces mots ne sont pas de moi, mais de Luc Julia[1], l’expert I.A. des plateaux télé français, le créateur autodéclaré de Siri (ils étaient en vérité une centaine de personnes à œuvrer), cette invention mirifique comme il n’y en avait pas eu depuis le moule à œufs carrés et grâce à laquelle des gens demandent désormais, en pleine rue et à voix haute, la météo ou leur horoscope.
C’est dire combien cette déclaration mérite d’être prise au sérieux.
Et puis je l’attendais depuis un moment, je l’avoue. Tandis que les journaux se répandent sur les robots conversationnels — sujet probablement plus vendeur que la catastrophe climatique ou les morts quotidiennes de migrants en Méditerranée —, tandis que des tas de gens causent de sciences ou de techniques sans rien y entraver, mélangeant sous l’étiquette épouvantail d’intelligence artificielle des concepts aussi divers que l’automatisme, l’algorithmique, la cybernétique, les réseaux de neurones ou l’analyse de données, l’ingénieur que j’ai un jour été commençait sérieusement à se demander qui viendrait nous sauver. J’ai donc été content d’entendre Luc Riva nous dire que, tout ça, c’était du vent. Cette affirmation émane après tout d’un type sérieux — si l’on excepte son goût douteux pour les chemises hawaïennes, et aussi le fait que son travail a permis pendant des années à son ancienne entreprise d’enregistrer à leur insu les cinq cents millions d’utilisateurs mensuels de sa technologie[2]. Je n’ai pas lu son bouquin — il ne faut pas déconner quand même —, mais je veux bien le croire. Et j’irais même plus loin.
L’intelligence artificielle est une fiction, dirais-je surtout. Car à bien y regarder, ce ne sont ni les journalistes ni les chercheurs ni les GAFAM qui sont responsables de cette hystérie actuelle. Ce sont les écrivains. C’est eux qui ont tout inventé. Il serait évidemment vain de vouloir le démontrer en ces colonnes par une analyse exhaustive, mais l’on peut toutefois dresser un rapide historique d’œuvres clés ayant mené à cette invention.
Vu qu’au commencement était le verbe, le paradigme d’une intelligence extrahumaine apparaît d’abord dans une littérature ésotérique et religieuse. Mais l’homoncule de l’alchimie chrétienne ou le golem de la cabale juive — tel que l’utilisera plus tard Meyerlink dans sa nouvelle éponyme (1915) — n’ont encore aucune intelligence et demeurent des formes de vie artificielle obéissantes, sans aucun libre arbitre. Même s’il existe ensuite quelques fugaces exceptions chez Cervantès, Rabelais ou Swift, il faudra attendre la révolution prométhéenne du XIXe pour que rationalisme et science romantique créent la figure tutélaire du personnage artificiel, à partir il est vrai d’inventions véritables presque aussi utiles que Siri, comme le canard de Jacques Vaucanson — l’un des premiers automates dont la capacité à déféquer émerveilla la cour de Louis XV. Heureusement, la littérature fait toujours mieux que le réel. Il suffit de lire L’Homme au sable d’Hoffmann (1816), et plus tard L’Eve future de Villiers de l’Isle-Adam (1880) ou le Pinocchio de Collodi (1881) pour s’en convaincre. Mais le père de Hal 9000, du Terminator ou de Wintermute est sans conteste la créature du Dr Frankenstein (1818). En substituant à la puissance divine celle de la technique, en posant que l’homme est une machine et que cette machine peut être démontée, analysée et copiée, mais surtout en faisant tomber la barrière théologique et en donnant une âme véritable à sa créature, Mary Shelley pose sans le savoir les bases du futur terrain de jeu de Turing, Von Neumann, McCarthy et tous les autres scientifiques qui développerons l’informatique quand, à peu près dans le même mouvement, Einstein et Oppenheimer s’amuseront eux aussi à des passe-temps dangereux.
Pourtant, la littérature les a tous prévenus. Car même s’il existe des exceptions, la plupart des androïdes automates de la science-fiction naissante sont quasi systématiquement des sortes de némésis méphistophéliques, des représentants d’une science dangereuse menaçant l’humanité ; et les bombes ou les gaz toxiques de la Première Guerre mondiale n’arrangent rien à l’affaire. C’est ainsi que Kapek met en scène dans sa pièce de théâtre R.U.R (1923) des armées malfaisantes d’hommes artificiels, appelés pour la première fois robots, et dont la déclinaison ad nauseam allait assurer le succès de certains magazines pulp, ainsi que la réussite d’un jeune auteur érotomane qui en fera son fonds de commerce. En effet, à partir de 1940 et pendant plus de cinquante ans, Asimov écrira à la mitraillette nouvelles et romans indigestes centrés sur des créatures cybernétiques et sur ses fameuses « lois de la robotique », censées régler en un coup de cuillère à pot toutes les dérives possibles de l’informatique.
Ainsi, vous l’aurez compris, l’intéressant est ailleurs. Et c’est chez Orwell, l’un des écrivains les plus importants du XXe siècle, qu’on le trouve.
1984 ne parle nullement d’ordinateur ou de robots, contrairement à ce que croient beaucoup de gens ne l’ayant pas lu. Orwell y entreprend toutefois un mouvement crucial pour l’invention réelle de ce que nous appelons intelligence artificielle ces jours-ci. En effet, même si chez Asimov ou d’autres auteurs de l’âge d’or de la SF américaine le robot laissera souvent place à des « machines » — « Tu ne feras pas de machine, à l’esprit de l’homme semblable », fait dire Frank Herbert à la bible du Jihad Butlérien de Dune en 1965 —, même si l’automate sera peu à peu privé d’une physionomie humanoïde comme le célèbre supercalculateur de 2001 : L’Odyssée de l’espace, coécrit par Kubrick et Clarke en 1964, il demeure toutefois inscrit dans une matérialité et, surtout, une réalité. Il a un châssis, un clavier pour communiquer, un œil rouge pour passer au cinéma. Mais tout change avec Orwell qui invente dans 1984, publié peu après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, l’incorporalité d’une intelligence humaine. Quand Winston Smith se fait arrêter par la police de la Pensée, il pose des questions. Quand il demande : « Big Brother existe-t-il ? », on lui répond oui. La question « A-t-il un corps ? » est dite sans importance pour déterminer si Big Brother est réel et, quand le narrateur demande « Existe-t-il comme j’existe ? », on lui rétorque : « Vous n’existez pas. »
Bref. Je ne sais pas si Luc Riva a lu Orwell[3], mais ça lui aurait sûrement fait gagner du temps. Pensée, indécidabilité du réel, incorporéité : tout y est pour définir une nouvelle ontologie de l’artificiel.
Remarquez, Luc n’est pas le seul à avoir mis du temps à percuter. Beaucoup d’auteurs talentueux (Aldiss, Dick, Heinlein, ad lib) continueront d’incarner une intelligence extrahumaine dans une forme humanoïde ou mécanique à travers leurs écrits. Il faudra attendre un roman publié en 1984 — comme par hasard — pour voir la mue aboutir. Avec Neuromancien, Gibson invente non seulement le cyberespace, il pose les bases de tout un imaginaire qui sera par la suite maintes fois pillé — par des collègues (Dantec, Stephenson, Sterling, Williams, etc.), et aussi par Hollywood, par l’armée, par les entreprises de nouvelles technologies ou les ténors de l’Internet — mais aussi et surtout donne vie aux premières I.A..
Pourtant, là encore, je ne suis pas sûr que Luc Riva et ses amis journalistes aient lu Gibson. Je ne suis pas sûr qu’ils aient compris le plus important. La véritable invention du pape du cyberpunk n’est pas l’intelligence artificielle. C’est avant tout la langue nouvelle qui va avec.
Souvenez-vous, depuis le commencement, c’est toujours le verbe qui compte. Donc si nous choisissons d’incarner certaines créations de nos meilleurs écrivains, ne les séparons pas de leurs mots. Ce mauvais plagiat n’a aucun sens et accouche toujours d’une souris car, évidemment, les I.A. qu’on nous vend aujourd’hui n’en sont pas — pas besoin d’être Luc Riva pour s’en apercevoir. Mais ça viendra. Alors ne laissons pas les maîtres de la nouvelle Oceania nous imposer le langage du totalitarisme qu’ils bâtissent actuellement autour de l’intelligence artificielle, laissons-les se foutre sur la tronche dans une cage de MMA sous le regard synthétique du monde entier, et soyons de notre côté sérieux trente secondes, décidons ensemble de l’avenir de ces outils, qu’il nous faut urgemment extraire de la Novlangue et de la culture du profit pour les rattacher à leur littérature et à un projet universaliste.
Parce que sans cela, nul besoin de Big Brother, de ChatGPT ou Midjourney pour que notre monde parte à vau-l’eau. Comme nous en prévenait déjà Huxley dans Le meilleur des mondes (1932) : « Les gens en viendront à aimer leur oppression, à adorer les technologies qui les empêchent de penser. »
[1] Éditions First, 2019
[2] Alex Hern et Alex Hern Technology editor, « Apple apologises for allowing workers to listen to Siri recordings », The Guardian, 29 août 2019
[3] Écrits politiques (1928-1949), éditions Agone
par Romuald GIULIVO
ARTICLE PRÉCÉDEMMENT PARU DANS LA REVUE PAPIER D’ALCA NOUVELLE-AQUITAINE